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Paul Thomas Anderson frappe fort. Trois ans après Licorice Pizza, le cinéaste revient enfin en salle ce mercredi 24 septembre 2025 avec Une bataille après l’autre, un thriller dramatique qui marque à la fois un tournant et une continuité dans sa filmographie. Et autant le dire tout de suite : c’est du grand cinéma.
Entre révolte et rédemption
Adapté de Vineland, roman labyrinthique signé Thomas Pynchon, le film n’emprunte pas le chemin de la fidélité littérale, mais plutôt celui de l’évocation. On y suit un groupe d’anciens révolutionnaires des années 70, aujourd’hui désabusés, qui se retrouvent seize ans après un attentat, alors que les fantômes du passé — et un ancien ennemi bien vivant — resurgissent. L’enjeu est personnel : Bob (Leonardo DiCaprio), autrefois militant, désormais père, doit affronter ses choix pour sauver sa fille Willa. Une mission quasi-impossible, de celles où chaque pas semble dicté par les erreurs d’hier.
L’intrigue joue sur plusieurs tableaux : politique sans être lourd, intime sans verser dans le pathos, tendue comme un câble prêt à rompre. Anderson construit un récit dense, presque à la manière d’un jeu narratif où chaque pièce s’emboîte lentement, révélant les failles des personnages.
Un casting à tomber
Leonardo DiCaprio impressionne dans un rôle de père brisé, prêt à replonger dans la violence pour ce qu’il lui reste de plus cher. On retrouve chez lui cette rage intérieure, ce feu contenu qui rappelle son travail dans The Revenant, mais avec une humanité plus palpable, plus douloureuse. World of Geek ne s’y est pas trompé en qualifiant cette performance de chef-d’œuvre. To read NCsoft makes bold mobile move with Indygo Group takeover
À ses côtés, Sean Penn incarne un camarade rongé par les regrets, tandis que Benicio del Toro joue les funambules entre calme menaçant et mystère insaisissable. Teyana Taylor et Regina Hall injectent au récit une énergie nerveuse et vibrante, et Chase Infiniti — révélation du film — illumine l’écran dans le rôle complexe de Willa, adolescente perdue et lucide, jamais caricaturale.
Une mise en scène en état de grâce
Anderson signe ici une réalisation sans concession, oscillant entre claustrophobie de huis clos et échappées sauvages dans des décors américains captés en 70mm. Avec l’aide du chef opérateur Michael Bauman, chaque plan raconte quelque chose : une tension, une fêlure, un mensonge.
Le rythme — dense, tendu, sans temps mort — évoque parfois la méthode d’un bon Metroidvania, où chaque recoin dissimule un indice, une vérité possible. Loin d’un simple thriller, Une bataille après l’autre adopte la logique d’un puzzle émotionnel, où chaque personnage est une pièce brisée.
La bande-son de Jonny Greenwood, complice de longue date, joue un rôle capital. Entre nappes électroniques organiques et cordes dissonantes, elle crée un halo sonore tantôt anxiogène, tantôt sublime. Rien à jeter : c’est une partition au service de l’univers, jamais démonstrative, toujours juste.
Un film générationnel
Ce qui frappe, au-delà de la beauté plastique ou de l’élégance du montage, c’est ce que dit le film sur notre époque. Dans son discours politique, Une bataille après l’autre évite le prêchi-prêcha pour préférer la satire acide. À travers le destin de ceux qui ont voulu “changer le monde”, Anderson pose une question essentielle : que faire des idéaux qu’on n’a pas su défendre ? To read Wizards of the Coast hires Blizzard veteran for digital pivot
Malgré sa densité, le film reste accessible. Des traits d’humour noir viennent désamorcer la gravité, les dialogues ciselés évitent la pose. Le spectateur est embarqué, qu’il vienne pour le suspense ou pour le drame humain. Et clairement, l’un nourrit l’autre.
À voir au cinéma. Vraiment.
Ce n’est pas un film à regarder sur un écran de laptop en fond pendant que vous farmez une quête secondaire. Ce n’est même pas un film à “binger”. C’est une œuvre pensée pour le grand écran : de sa lumière dorée captée en pellicule à son mixage sonore pensé pour l’IMAX, tout appelle à une immersion totale.
Une bataille après l’autre est probablement le film américain le plus ambitieux de cette rentrée. Certains y voient même le meilleur rôle de DiCaprio depuis plus d’une décennie. Et on ne va pas leur donner tort.
L’expérience est forte, viscérale, et laisse derrière elle une empreinte durable — comme les grands jeux narratifs ou les romans qui vous hantent longtemps après la dernière page.
En salle en France dès ce mercredi. À ne pas manquer.

